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Lancement public de Migrations Libres

Conférence de presse – jeudi 24 mai 2018

Au début du mois de février, une trentaine de liégeois·e·s, d’abord soutenu·e·s par le collectif Riposte.cte et le Centre de Jeunes La Zone, puis par 5 autres associations liégeoises, ont lancé dans un espace commun d’hébergement une initiative collective d’accueil de migrant·e·s et de candidat·e·s réfugié·e·s en provenance du Parc Maximilien.
Actuellement, 7 séjours de 3 à 4 jours successifs ont déjà été organisés dans le cadre de cette opération, ce qui a permis d’accueillir près de 30 exilé·e·s différent·e·s. La coordination du projet est assurée en liaison avec la Plateforme Citoyenne d’Hébergement qui regroupe elle plus de 800 hébergeur·se·s dans la seule région liégeoise !
Le 31 mai, dès 19h, Migrations Libres annoncera officiellement sa constitution à l’occasion d’une soirée benefit publique, à La Zone, Quai de l’Ourthe, 42, en Outremeuse.

D’abord une aide humanitaire

Au départ, les initiateurs du projet « Migrations Libres » ont organisé deux séjours de quelques jours consécutifs, pour 7 et puis 8 migrant·e·s de nationalités différentes. Au vu du bilan humain particulièrement mobilisant de cette première initiative exploratoire, l’opération s’est poursuivie. En mars, avril, puis mai, des séjours de 3 ou 4 jours ont été organisés toutes les deux semaines. Ces séjours ont confirmé l’utilité et l’efficacité humanitaires de la proposition : protéger des exilés, contraints de quitter leur pays, leur famille et leurs attaches, mis en danger là-bas par les guerres, les dérèglements climatiques, la faim ou l’impossibilité de se soigner, mis en danger ici par des politiques inhumaines de repli et de rejet. Il s’agit donc bien de les protéger du froid et de la pluie, du soleil qui a commencé à brûler, de la faim, de la solitude, mais aussi des menaces de rafles, policières, étatiques, qui rôdent aux alentours des gares et des parkings d’autoroutes.

L’action a peu à peu bénéficié du soutien officiel de 7 associations culturelles ou sociales liégeoises : Acteurs de l’Ombre (troupe de théâtre-action), Barricade (centre d’éducation populaire), le CADTM (Comité pour l’annulation des dettes illégitimes), le CPCR (Centre polyculturel- Résistances), F41 (association de réflexion et de formation sur l’insertion sociale), Riposte.cte (collectif autonome pour le droit au chômage) et La Zone (Centre de Jeunes alternatif). Le réseau de soutien devrait encore s’élargir une fois ce projet, cette action, enfin rendus publics.
Cette aide est la bienvenue car l’opération à mettre en œuvre bénévolement n’est pas mince. Elle doit permettre de véhiculer à chaque fois une petite douzaine de migrant·e·s depuis le tristement célèbre Parc Maximilien à Bruxelles vers la région liégeoise, où ils et elles sont hébergé·e·s dans un dortoir associatif, aménagé et chauffé (lits individuels superposés, toilette et douche chaude, cuisine équipée d’une cuisinière, évier, frigo, petite salle de détente avec ordinateur et projecteur- vidéo). Des équipes composées de deux à trois “accueillant·e·s” se succèdent, chaque jour par tournantes, pour cuisiner avec les migrant·e·s, faire les courses, les lessives, ou encore assurer les lifts de Bruxelles à Liège puis de Liège vers Bruxelles, ou enfin le nettoyage du lieu en fin de séjour. Des activités extérieures sont aussi proposées pour créer du lien et agrémenter le séjour: cinéma, visites informatives de la ville, match de mini-foot dans le quartier, sorties à la piscine, etc. Il s’agit enfin de répondre aux imprévus et aux demandes d’aide pour des démarches administratives, juridiques ou médicales d’importance.

Bien que le projet ait bénéficié jusqu’ici dans une certaine discrétion, ces séjours, qui nécessitent la participation à chaque fois d’une vingtaine de volontaires, ont pu être assurés sans encombre grâce à la participation d’une cinquantaine de citoyens et citoyennes. Ils et elles se nomment Nathalie, Stéphane, Laura, Joachim, Pierre, Florence, Maurice, Lucie, Julie, Carine, Anne, Roger, Ludivine, Cédric, Joshua ou Semia… Chômeur·se·s, pensionné·e·s, travailleur·se·s précaires, indépendant·e·s complémentaires, salarié·e·s du socio-culturel, étudiant·e·s en philo ou en arts plastiques. Un point commun: aucun euro ne ruisselle de leurs poches par débordement, et pourtant c’est de leur cotisation, de leur donation, que s’alimente la solidarité qui rend aujourd’hui possible ce nécessaire projet d’accueil.
Oui, même si on n’est pas riche, on peut accueillir la misère du monde…

Grâce à eux, en à peine 3 mois, l’accueil d’une trentaine de personnes différentes de 14 nationalités africaines différentes, a pu déjà être assuré pour un total de 22 nuitées, l’équivalent d’un accueil d’environ 150 personne-jour. Elles et eux, les invité·e·s comme on les nomme, s’appellent Bachir, Traore, Thomas, Anas, Brahim, Moussa, Henok, Danny, Hassan, Achirou, Ousman, Fatou, Ben et quelques autres. Ils sont (et elle est) Algérien, Marocain, Tunisien, Gambienne, Guanéen, Égyptien, Éthiopien, Érythréen, Ivoirien, Nigérien et Nigérian, Soudanais et Togolais… ils sont quasiment de l’Afrique entière, celle de toute la moitié Nord en tout cas !
Pour répondre aux sollicitations, nombreuses, et souvent urgentes et angoissées de ces migrant·e·s accueilli·e·s, et surtout de celles et ceux qui reviennent maintenant régulièrement, certain·e·s de nos volontaires commencent à se former sur divers points importants, comme l’accès à l’aide médicale urgente, ou, avec l’aide de l’asbl Point d’Appui, sur les réglementations en matière d’asile.

Prêt·e·s à nous lancer dans la phase politique du projet

L’opération d’accueil et d’hébergement collectifs étant désormais sur les rails, nous souhaitons développer une nouvelle phase de notre projet : rendre notre action publique.
Plusieurs raisons nous poussent dans ce sens :

  1. Faire connaître notre action auprès du Gouvernement et lui faire savoir que nous nous ajoutons ainsi à l’énorme élan de solidarité qui, grâce à la plateforme Hébergement – Plateforme citoyenne, lui fait un formidable pied de nez tous les soirs depuis des mois. Avec l’objectif, pour notre part de démontrer par le concret le fondement cynique de sa politique migratoire et le refus radical que lui oppose une partie importante de la population.
  2. Donner l’envie à d’autres associations et collectifs liégeois de faire comme nous ou de nous rejoindre pour nous aider, voire pour amplifier le rythme de l’accueil, surtout à l’heure où celui-ci connaît une phase cruciale depuis la fermeture de très gros lieux d’accueils tels que le SAMU Social au Botanique, à Bruxelles, ou la Porte d’Ulysse à Haaren (un centre du même type devrait incessamment être lancé mais en étant désormais ouvert aux migrants et aux autres SDF bruxellois).
  3. Obtenir la mise en place d’un large bouclier associatif mobilisable en cas de soucis avec les forces de l’ordre (perquisition, contrôle à l’entrée du bâtiment, etc.), ce qui, bien que Liège se soit déclarée Ville Hospitalière, ne saurait être exclu si la loi sur les « visites domiciliaires » était confirmée.
  4. Obtenir de l’aide financière (un hébergement nous coûte au bas mot entre 400 et 500 euros, hors charges offertes par l’association-hôte et hors imprévus), principalement pour financer les repas bien sûr, quelques extras (comme la piscine ou le cinéma, des vêtements de rechange, mais aussi les frais médicaux, très coûteux puisque les migrants ne sont pas couverts par la sécurité sociale !), également pour défrayer (s’ils le souhaitent) les drivers qui effectuent les navettes expressément pour véhiculer les migrants.

Dans la presse

‘Migrations Libres’ : solidarité envers les migrants à Liège” – Rtc.be (24/05/2018)
Liège: le collectif Migrations Libres, nouvel acteur de la solidarité avec les migrants” – Rtbf.be (24/05/2018)
À Liège, l’aide aux migrants se structure, s’organise… et a besoin de soutien” – lavenir.net (24/05/2018)
“Liège : Migrations Libres rend son action publique !” – La Dh.be (25/05/2018)

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